Nutella

Pour ou contre le Nutella en crêperie ? Dossier complet pâte à tartiner !

Avec presque 1,5 kg de Nutella par an et par habitant la France est le premier marché mondial pour le groupe Ferrero (84 000 tonnes) soit 26% de la consommation mondiale de Nutella, alors que les Français ne représentent que 1% de la population.

Fort logiquement cette réalité se constate également dans nos crêperies : la crêpe au Nutella est un best-seller incontesté, avec des ventes pouvant fréquemment dépasser 50% du chiffre d’affaires en sucré, malgré les critiques formulées depuis de nombreuses années à l’encontre de la célèbre pâte à tartiner.

Je vous propose de résumer les principaux arguments pour et contre l’utilisation du Nutella en crêperie.

1. Trois raisons de proposer des crêpes au Nutella

Argument POUR #1 : les clients demandent du Nutella

On ne va pas tourner longtemps autour du port 😉 : NO NUTELLA, NO BUSINESS.

Un crêpier est un commerçant et son objectif est de travailler. Si ses clients lui demandent d’une manière aussi fréquente et pressante du Nutella, il a tout intérêt à les satisfaire car sinon ils iront ailleurs.

Il y a quelques années je proposais lors de mes animations crêpes en événementiel du Nutella et 3 alternatives (sauce chocolat maison, chocolat noir en tablette et Nocciolata). Le résultat était toujours le même : le Nutella écrasait la concurrence. Il est intéressant de préciser que les animations étaient payées par les clients (mairies, entreprises, festivals) et donc gratuites pour les consommateurs. C’est bien un goût qu’ils venaient choisir, alors que la Nocciolata coûte à l’achat 4 fois plus cher que le Nutella.

Il est bien difficile de résister à 60 ans de marketing et de matraquage publicitaire : mise en avant dans les grandes surfaces, publicités constantes (chandeleur, rentrée des classes), produits dérivés (biscuits et pâtisseries au Nutella), livres de cuisine (« 60 classiques de la pâtisseries au Nutella »), concours de cuisine (« Nutella Academy »).
Certaines personnes non consommatrices qui déclarent ne pas acheter de Nutella et ne pas en donner à leurs enfants finissent même par craquer et viennent m’en demander en se justifiant : c’est « exceptionnel » pour « se faire plaisir ».

Dans ce contexte les crêperies réagissent différemment :

  • certaines, souvent haut de gamme, bannissent le Nutella et ne proposent que du chocolat maison. C’est le cas à Paris de la chaîne « Breizh Café », du Galbar, de Gigi ou de Krügen,
  • d’autres le déconseillent comme chez Caramel Sarrasin en écrivant sur leur menu « Ce n’est pas ce que nous préférons… mais bon ! »,
  • l’immense majorité en propose,
  • certaines mettent même le Nutella particulièrement en avant, notamment en vente à emporter.
    Le franchisé « Fete a crêpe » du 6, boulevard Poissonnière 75009 Paris publie sur son compte Instagram une photo de ses réserves (un mur de pots de Nutella). Quant à la crêperie « La Crême de Paris » elle a concouru pour le titre d’Ambassadeur Nutella.

Donc le Nutella est demandé et… il fait vendre. La boucle est bouclée !

Argument POUR #2 : le Nutella est rentable

Avec 1 kg de Nutella je garnis environ 18 crêpes, soit 55g de Nutella par crêpe.
Acheté au bon moment (par exemple durant les promotions de la Chandeleur) le Nutella se paie 3,50 € le kilo contre 14 € pour le caramel au beurre salé ou la Nocciolata.

Avec un prix de revient (coût matière) de 50 centimes d’euros (20 centimes de pâte et 30 centimes de Nutella), aucun coût de main d’œuvre par rapport à une garniture maison (caramel ou chocolat maison, compote de pommes, pommes tatin etc.) et un prix de vente de 3 à 4 euros (vente à emporter), c’est une bonne affaire.

Argument POUR #3 : le Nutella permet de faire une bonne crêpe avec une mauvaise pâte

Je dirais sans cynisme que pour une personne qui aime cette pâte à tartiner on ne peut pas faire une mauvaise crêpe au Nutella. Son goût est en effet tellement fort qu’il écrase celui de la pâte à crêpes, permettant ainsi à certains professionnels de remplacer le beurre par de l’huile, le lait par de l’eau, d’utiliser de la poudre à diluer ou des crêpes surgelées sans que le client ne voie la différence.

Quelques arguments supplémentaires

  • Le Nutella bénéficie d’une durée de conservation idéale : un an minimum.
  • Pas besoin de le conserver au froid.
  • Vendu partout, toute l’année.
  • Les étrangers le connaissent et l’adorent.
  • Sa consistance rassasie.
  • Le Nutella est fabriqué en France (Normandie).

Voyons maintenant le revers de la médaille…

2. Trois raisons de ne pas proposer des crêpes au Nutella

Argument CONTRE #1 : Le Nutella est une bombe calorique sans intérêt nutritionnel

Avec 56 % de sucre, 15% d’huile de palme et seulement 13% de noisettes, 7% de cacao maigre et 7% de lait écrémé cette pâte à tartiner contient trop de sucre et de mauvaise graisse (acides gras saturés).

Pas de fibres, pas de vitamines et possibilité de développer une relation de dépendance à cause de l’excès de sucre.

Avec 539 kcal /100g le Nutella est moins calorique que la graisse d’oie, le beurre, la mayonnaise, les fruits secs, le tarama et le chocolat, mais plus calorique que les chips, le caramel au beurre salé, le saucisson, le fromage, les frites, la crème fraîche et même 2 fois plus calorique que la confiture.

Pour mémoire la Nocciolata contient 544 kcal par 100g.

Argument CONTRE #2 : Le Nutella n’est pas éthique

Le groupe Ferrero se fournit en Indonésie pour l’huile de palme dans des forêts certifiées, les huiles sont tracées et les ONG environnementales sont très attentives. Le problème n’est apparemment plus ici, mais plutôt du côté des noisettes turques récoltées par des enfants comme en témoigne ce reportage de France 2.

Et ces noisettes se retrouvent tout autant dans le Nutella… que dans les autres pâtes à tartiner qui se déclarent plus éthiques car sans huile de palme…

Argument CONTRE #3 : L’utilisation du Nutella est désagréable

Là c’est le crêpier qui parle…

Lorsque la température descend en dessous de 15 degrés, très fréquent en vente à emporter, le Nutella devient tellement dur qu’il faut mettre en place différentes méthodes pour le rendre liquide (micro-ondes, bain marie, réchauffeur de Nutella etc.). Le Nutella est également salissant (les gants sont recommandés) et on réalise en faisant la vaisselle à quel point la pâte à tartiner est grasse (et ressemble à de l’huile de vidange alors que le caramel et le chocolat se nettoient facilement).

Mon avis personnel sur le Nutella

Je n’en mange pas car je le l’aime pas, et lorsque j’en achète c’est uniquement pour mes clients.

Pour autant je respecte ceux qui en sont fan, sans chercher à faire leur bonheur malgré eux. Ils ne sont pas à blâmer, tout comme les professionnels qui en mettent dans leurs crêpes pour les satisfaire.

Personnellement je propose toujours du chocolat noir en tablette comme alternative.

Ce qui faut éviter c’est que le Nutella devienne un aliment du quotidien (petit-déjeuner et goûter par exemple). J’ai noté que les plus jeunes, notamment la tranche 6/12 ans, appelle « chocolat » le Nutella, et c’est préoccupant pour leur diététique future dans un contexte de malbouffe et des risques que cela comporte (maladies cardio-vasculaires et obésité).

Par ailleurs l’absence du Nutella sur une carte de restaurant est généralement synonyme de crêperie de qualité : on y trouve souvent de la farine de sarrasin IGP et la mythique galette saucisse.

Enfin, à défaut de faire une pâte à tartiner maison qui revient cher en raison du prix des noisettes je conseille celle de Cyril Lignac : un vrai délice !!

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